Issus des travaux de la ferme, les jeux traditionnels basques et gascons sont de véritables […]
Issus des travaux de la ferme, les jeux traditionnels basques et gascons sont de véritables spectacles reposant sur la force physique, l’endurance et l’agilité.
C’est une image d’Épinal. Celle de basques forts, valeureux, endurants dans l’effort.
Loin du folklore, il s’agit bel et bien d’un sport à part entière exercé tout au long de l’année par plusieurs dizaines de pratiquants à Espelette, Souraïde, Gabat, Baïgorry, Saint-Pée-sur-Nivelle… « Les sports basques demandent une préparation spécifique qui est surtout technique », mentionne l’historien Xamar. Organisateur de spectacles de force basque, Gabi Etxart, souligne l’exigence de ces athlètes capables de parcourir des distances incroyables un bidon de 41 kg à chaque main (untziketariak), couper le plus rapidement possible des troncs disposés verticalement à une hauteur de six mètres (aizkolariak), ou s’affronter au tir à la corde (soka tira).
Le transport des bidons de lait, un jeu 100% basque
Toujours plus forts, ils soulèvent des pierres de 250 kilos et les hissent sur leurs épaules. « Dis-moi avec quels jeux tu t’amuses, je te dirais comment travaillaient tes ancêtres… », confie Gabi Etxart avec une pointe d’humour. Il souligne l’origine rurale de ces jeux. « On les retrouve en différents lieux dans le monde, avec des variantes selon les pays. Il existe des jeux locaux néozélandais, australiens, gallois, écossais, pakistanais… ».
Le Pays basque possède ses spécificités. « Le jeu de la charrette n’existe qu’au Pays Basque, tout comme le transport des bidons de lait ou le lever de pierre ». Il existe également des jeux pratiqués au Pays basque qui ne sont pas basques tels que la hache, un jeu mondial, ou… le tir à la corde. « La pratique est présente dans 80 pays. En Chine, le tir à la corde est un sport d’identité nationale », précise Gabi Etxart. Celui-ci animera les spectacles de force basque programmés tous les mardis au mur à gauche El Hogar en juillet et août.
Gabi Etxart est rôdé à l’exercice puisqu’il assure l’animation des spectacles de force basque à Anglet depuis… soixante ans. Chaque soirée mettra à l’honneur sept jeux traditionnels et le public aura la possibilité de s’essayer aux différentes disciplines. À ne pas manquer.
Jeux béarnais
En Béarn, ils sont une poignée à faire perdurer les jeux traditionnels, en particulier à Sauveterre-de-Béarn. « Nous réalisons des représentations lors de fêtes de villages ou lors d’événements particuliers, par exemple le passage de la flamme olympique à Arette, sur des étapes du Tour de France à Paris, Pau et au Puy-en-Velay », indique Léa Castetbon, responsable de l’association des Jeux béarnais de Sauveterre.
Les jeux béarnais trouvent leur origine dans les défis que se lançaient les paysans afin de prouver leur force mais aussi leur agilité et leur adresse lors des travaux des champs (récoltes du blé, de la paille, des pommes de terre, du bois ou encore lors des vendanges).
À Sauveterre, les jeunes sportifs pratiquent huit disciplines. Certaines sont communes avec les voisins basques tel l’incontournable tir à la corde ou l’épreuve du bûcheron. La plupart sont spécifiques au Béarn. Ainsi peut-on mentionner la course du brabant, un outil utilisé autrefois pour labourer les champs. Avec ce brabant de plus de 50 kilos, le concurrent doit réaliser un circuit en huit entre deux quilles ajustées à sa largeur, et cela plusieurs fois, sans les faire tomber. Le plus rapide remporte l’épreuve. Tout aussi physique est l’épreuve du bire-perche. Ici, l’objectif est de jeter le plus loin possible une perche de bois de 5 mètres. Elle devra réaliser au moins un tour en l’air avant d’atterrir. La perche pèse environ 50 kilos…
Le saute-quille exige quant à lui une réelle dextérité. Chaque joueur utilise une quille avec une grosse boule en son centre. Le concurrent doit sauter et avancer le plus loin possible en posant ses pieds sur la boule centrale et ses mains sur l’extrémité de la quille. Citons encore la récolte des patates, la course des barriques ou le saute-barreau. Pour cette dernière épreuve, le sportif doit gravir une échelle en bois disposée à l’envers en diagonale, barreau après barreau, sans s’aider de ses jambes. Chaque barreau doit être saisi avec les deux mains en même temps… Sans oublier l’incontournable jeu du béret en relais très prisé des enfants.