Versant Vivant, un spectacle poétique et interactif

Ça se passe en ville

Émilie et Simon présentent le spectacle Versant Vivant au théâtre Quintaou  vendredi 20 et dimanche […]

par alexandra
10 février 2026

Émilie et Simon présentent le spectacle Versant Vivant au théâtre Quintaou  vendredi 20 et dimanche 22 février. Il s’agit d’une création originale, pour enfant, qui mêle dessin et musique.

Émilie, est réalisatrice et dessinatrice pour la compagnie L’Observable. Après avoir été dans un collectif, ils ont décidé, avec Simon, de monté leur propre structure pour développer leurs projets en duo, mêlant dessin, art numérique et techniques traditionnelles. L’artiste a accepté de nous dévoiler les secrets de Versant Vivant, un spectacle hors du commun.

Comment s’articule votre travail de création avec Simon ?

Émilie : Je dessine et Simon crée la musique. Nous avons d’abord travaillé en parallèle, chacun dans notre atelier. Ensuite, nous avons sélectionné des dessins et des scènes, et c’est à partir de cette sélection que la musique a été composée. Au fil de la diffusion du spectacle, nos gestes se sont affinés : mon dessin s’est fondu dans sa musique bien plus précisément que prévu.

La musique guide-t-elle votre trait, ou l’inverse ?

É. : Le dessin a guidé la musique, et aujourd’hui c’est la musique qui guide très précisément mon geste.

Les dessins et la musique sont-ils improvisés ?

É. : Non. Les dessins sont les mêmes d’un spectacle à l’autre, tout comme la musique. Ce sont des rendez-vous très précis, dans les deux sens, puisque nous y ajoutons des petites séquences animées, créées en amont.

Vous explorez la thématique du rêve. Pourquoi ?

É. : Le rêve permet d’expérimenter des temps très distendus. On peut y percevoir des temps très courts – comme le vol rapide d’un oiseau – et des temps extrêmement étirés, comme la progression lente dans une grotte.
Le rêve permet cette rencontre de temporalités très différentes, que l’on ne perçoit pas autrement dans la réalité.

Quel message souhaitez-vous transmettre à travers ce spectacle ?

É. : Notre souhait est de placer le public dans un état de contemplation : une image lente, associée à une musique immersive qui invite à entrer dans le dessin.
L’acte de dessiner est, en soi, une manière de contempler le vivant autour de soi, à un rythme que nos vies rapides ne permettent pas toujours d’observer. Le spectacle met en lumière cette attention au vivant, qui évolue à des rythmes très différents des nôtres.

Si vous deviez créer une version du spectacle spécialement pour Anglet, que choisiriez-vous comme paysage ?

É. : Le paysage angloy est différent de mes montagnes. Ici, à Anglet, le paysage naturel est celui de l’océan et de la forêt. La forêt du Pignada est magnifique : je l’avais dessinée juste avant les incendies, ce qui m’avait donné une sensation étrange du temps : celui, lent, de la forêt qui pousse, et celui, très court, d’un bouleversement brutal. Je dessinerais un pin et un chêne liège de cette forêt, en évolution. D’abord de jeunes pousses qui petit à petit se transforment en grands arbres.
La faune, en cinéma d’animation, passerait dans ce décor en évolution : papillons, écureuils, oiseaux, lapins, renards…

Est-ce votre premier spectacle mêlant musique et dessin ? En préparez-vous d’autres ?

É. : Oui, c’est notre premier spectacle de ce type. L’idée d’un spectacle autour du paysage marin est un projet que j’aimerais développer.

Qu’aimeriez-vous que les enfants d’Anglet retiennent après votre spectacle ?

É. : Nous voudrions leur transmettre le plaisir de contempler une image lente, eux qui sont abreuvés d’images très dynamiques.
Nous souhaitons aussi leur donner envie de créer. Le spectacle montre le processus : on voit comment tout est fabriqué, un peu comme dans les films de Michel Gondry où la magie opère tout en restant visible.
Nous voulons leur montrer que le numérique peut se mêler à un travail manuel, qu’on peut se salir les mains tout en utilisant des écrans, et que la création peut être un moment partagé.
Crédit : Meng Phu et Vincent Lataillade.

Rêverie sonore

Bercés par une musique organique et hypnotique, les êtres de la montagne s’endorment : humains, animaux domestiques ou sauvages, proies ou prédateurs, tous se retrouvent enrêve pour une trêve bienvenue.

Tandis que les timbres des instruments acoustiques tissent un canevas pour la rêverie, le geste du dessin est guidé par le tempo de la musique et les liens qui unissent les différents cycles du vivant se révèlent, immémoriaux, inattendus.

Une dizaine d’instruments sont joués et parfois bouclés par Simon : flûtes irlandaises, banjo, accordéon, violon, percussions, mélodica… cette diversité offre un large éventail de timbres pour des compositions cinématographiques éclectiques qui accentuent l’émerveillement que procure la découverte des paysages grandement poétiques d’Émilie. 
Vendredi 20 février à 14 h 30
Dimanche 22 février à 17 heures
Familiale à partir de 6 ans