Le reprofilage des plages d’Anglet a commencé, notamment aux Sables d’Or qui a subi les […]
Le reprofilage des plages d’Anglet a commencé, notamment aux Sables d’Or qui a subi les assauts des tempêtes hivernales. Pascal Bourricaud, directeur de la logistique, du littoral et de la mer explique le procédé.
Pourquoi reprofile-t-on les plages à Anglet chaque année ?
Pascal Bourricaud : Nous réensablons les plages chaque année au début du printemps, car elles subissent tout au long de l’hiver les assauts répétés de l’océan. Les grosses marées et les fortes houles hivernales dégradent les profils naturels des plages. Le reprofilage permet de réparer ces dégradations et de redonner aux plages une forme adaptée, notamment en vue de l’ouverture des zones de baignade.
Quels sont les signes qui vous indiquent qu’il faut intervenir ?
P.B. : Les signes sont visibles sur l’ensemble du littoral. On observe notamment des accumulations de sable en bord de plage, sous forme de bourrelets ou de « matelas » naturels. Cette répartition inégale du sable indique qu’il est nécessaire d’intervenir pour redonner un profil de plage équilibré et sécurisé.
Concrètement, comment se déroule ce résensablement ?
P.B. :Le reprofilage démarre par une opération intensive, sur les quinze premiers jours. Cette intervention vise notamment à réengraisser la plage des Sables d’Or en profitant des marées importantes.
Les équipes enlèvent les rochers apparus à la suite de l’érosion, puis déplacent le sable excédentaire depuis des plages comme Marinella vers les zones déficitaires. Cette méthode permet de limiter les transports et de réduire l’impact carbone de l’opération. Sept engins sont mobilisés simultanément pour être les plus efficaces possibles.
Quelles sont les zones les plus sensibles sur le littoral angloy ?
P.B. : Habituellement, les zones les plus sensibles se situent plutôt sur la partie nord du littoral, entre la plage des Corsaires et celle des Cavaliers.
Toutefois, cette année a démontré que ces équilibres peuvent évoluer : la plage des Sables d’Or, jusqu’ici moins concernée, a été fortement touchée. Cela montre que, si certaines zones sont connues pour leur fragilité, il est difficile d’anticiper précisément l’ampleur des phénomènes d’une année sur l’autre.
Le reprofilage suffit-il face à des tempêtes de plus en plus fortes ?
P.B. : Il est indispensable et doit être réalisé chaque année. En revanche, il ne suffit pas à lui seul. Il est complété par d’autres dispositifs, comme l’apport de sable réalisé par la drague, qui prélève du sable à l’embouchure de l’Adour avant de le rejeter au large des plages. Ces actions combinées permettent de maintenir des profils de plages cohérents et adaptés à l’accueil du public
Que s’est-il passé aux Sables d’Or ? Est-ce exceptionnel ou est-ce déjà arrivé ?
P.B. : La situation observée aux Sables d’Or est exceptionnelle. En près de trente ans de gestion du littoral, ce type de désengraissement n’avait jamais été constaté à une telle échelle.
Des recherches dans les archives montrent que des phénomènes comparables auraient eu lieu à la fin des années 1980 et au début des années 1990, mais cela restait jusqu’ici inédit dans la mémoire récente du service. À ce jour, aucune autre plage angloye n’a subi de dégâts d’une ampleur comparable.
Quel message souhaitez-vous faire passer au public pendant ces opérations ?
P.B. : Le message est simple : la zone a été sécurisée afin que les sept engins actuellement en fonction puissent travailler le plus efficacement possible. Il est très important que le public respecte les consignes et ne traversent pas cette zone de chantier de façon à éviter tout accident.
Quand est-ce que les plages seront prêtes pour le public?
P.B. : La plage des Sables d’Or ainsi que celles de la Petite Chambre d’Amour, la Madrague et les Cavaliers vont ouvrir le 13 juin. Il faut donc que le 12 juin au soir, elles soient toutes prêtes à accueillir le public.