Pendant trente jours, Danielle Justes, chargée d’expertises artistiques d’œuvres des XIXe et XXe siècles, a […]
Pendant trente jours, Danielle Justes, chargée d’expertises artistiques d’œuvres des XIXe et XXe siècles, a observé au plus près les décors de Sainte-Marie. Le 11 septembre, elle présentera le fruit de ce travail minutieux et les enjeux de leur restauration.
Pour comprendre l’état de conservation des décors de Sainte-Marie, il fallait prendre de la hauteur. Pendant une trentaine de jours, Danielle Justes a travaillé depuis les échafaudages de l’église, achevée en 1932, pour examiner au plus près les œuvres et établir un diagnostic aussi précis que possible.
Diplômée de l’École des Beaux-Arts de Paris, elle a mené une véritable enquête sur les matériaux et les techniques utilisés. Son travail consistait notamment à « écouter » les mosaïques : tesselle après tesselle, morceau de marbre ou de verre coloré après morceau de marbre ou de verre coloré, le son permet de déterminer si chaque élément est encore correctement fixé au mur de ciment.
Elle a également relevé les différentes nuances de couleurs des petits carreaux, mais aussi les coups de pinceau de l’artiste. La plupart des matériaux utilisés sont d’origine vénitienne.
Une documentation précieuse
Cette observation méticuleuse a donné naissance à une importante documentation artistique et technique. Pour chaque œuvre étudiée, Danielle Justes a constitué un carnet de 70 pages, rassemblant ses observations et l’ensemble des éléments nécessaires à la compréhension de son état de conservation.
Cette documentation a été remise aux différents acteurs patrimoniaux et culturels concernés, notamment à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). Elle constitue aujourd’hui une base précieuse pour préparer la restauration.
Le vendredi 11 septembre à 17h30, dans l’église Sainte-Marie, Danielle Justes présentera cette démarche et les conclusions de son expertise.
L’humidité, au cœur des enjeux
Avant de restaurer les œuvres, il faut traiter la cause principale de leurs dégradations : l’humidité présente dans l’édifice.
Lors de la construction de la sacristie, aménagée sous l’autel, les bâtisseurs ont dû composer avec une nappe phréatique. Ils n’ont pas pu creuser aussi profondément que prévu. Cette présence d’eau souterraine fragilise aujourd’hui les mosaïques et certaines parties de fresques.
La restauration devra ainsi commencer par un important travail d’assainissement. Des travaux de génie civil pour améliorer le drainage souterrain devront être envisagés.
Préserver un monument historique
Achevée en 1932 et classée monument historique en 2014 l’église Sainte Marie est le seul monument classé d’Anglet. Le diocèse, à l’origine de cette démarche, devra désormais mobiliser des financements importants pour mener à bien les travaux. Des flyers seront disponibles lors de la conférence pour permettre à ceux qui le souhaitent de s’associer à cette restauration.
Avec le concours d’Anglet Patrimoines, cette rencontre fait suite aux deux concerts donnés à la mi-août par le pianiste virtuose Mathieu Esnult. Elle sera aussi le prélude aux Journées européennes du patrimoine : les 19 et 20 septembre, une exposition et des visites guidées permettront de découvrir l’histoire et les richesses de ce monument remarquable.
En Pratique
Eglise Ste Marie d’Anglet
Conférence de Danielle Justes sur le diagnostic des mosaïques et fresques
17h30 le 11 septembre 2026 – Entrée Libre