Marion Vallerin, quand la soie laisse parler la nature

Portrait
Une ville de Talents

Derrière chaque matière se cache un geste, un savoir-faire, une histoire. À la Maison Zabaldu, […]

par florence
19 octobre 2026

Derrière chaque matière se cache un geste, un savoir-faire, une histoire. À la Maison Zabaldu, les artisans d’art ouvrent les portes de leurs univers. Aujourd’hui, rencontre avec Marion Vallerin.

À l’atelier, Marion Vallerin peint avec ses deux mains, parfois simultanément. Ambidextre, la Toulousaine d’origine semble avoir trouvé dans la peinture sur soie un terrain de jeu à la mesure de sa curiosité. Avant de s’y consacrer pleinement, elle a étudié l’architecture à Montpellier, Copenhague et Paris, travaillé avec des artisans d’art et pratiqué le dessin botanique en parallèle de son métier.
Puis, il y a huit ans, la découverte de la peinture sur soie, lors de cours suivis avec une amie, agit comme une révélation. Depuis, elle a troqué les plans d’architecte pour des cadres en bois, des pinceaux et du gutta, cette matière qui lui permet de dessiner les contours avant d’y déposer la couleur. Mais ici, rien n’est totalement maîtrisé. La soie absorbe la peinture et décide, en partie, de son chemin. « C’est justement ce qui me plaît : je ne sais jamais exactement jusqu’où va aller la peinture. »

Ouvrir des fenêtres sur la nature

Avant de commencer, Marion observe. Elle se positionne dans un paysage, le construit mentalement, en fait un croquis, puis le transpose sur la soie. Les arbres occupent une place particulière dans son travail. Ils lui permettent « d’ouvrir des fenêtres sur la nature » et de convoquer une forme de mémoire collective. Très figuratif à ses débuts, son travail évolue progressivement vers davantage d’abstraction. « Nous sommes la nature », affirme-t-elle.
Sa peinture devient ainsi un espace de recherche, mais aussi de lâcher-prise. Et lorsqu’elle regarde les visiteurs devant ses œuvres, Marion aime voir naître les émotions, puis les discussions. Il n’est pas rare qu’une peinture ouvre la porte à des conversations inattendues, parfois même spirituelles.

Un mois et demi pour une œuvre unique

Une toile ne se fait pas en quelques heures. Entre la création, la peinture, le séchage, le passage en étuve, les différentes étapes de traitement de la soie et les interventions d’une couturière, il faut compter entre un mois et un mois et demi. Chaque pièce est unique, puisque la couleur ne se comporte jamais tout à fait comme prévu.
Ce temps long contraste avec la nécessité de vivre de son art. « Quand on veut vivre de son art, il faut produire assez », reconnaît-elle. Pourtant, Marion se dit heureuse de se lever chaque matin pour travailler, de pouvoir exprimer sa vision du monde et surtout de prendre le temps de réfléchir.

Trouver sa place

Après avoir tenté de créer une start-up consacrée au réemploi des matériaux dans l’architecture, Marion a finalement choisi la peinture. D’abord pour ses amis, puis pour leurs amis… jusqu’à ce que les commandes deviennent trop nombreuses pour rester une activité parallèle. Soutenue par son compagnon, elle se lance alors pleinement. Elle expose aujourd’hui en France et à l’étranger, bientôt à Saint-Domingue, et anime également des ateliers pour enfants, car la transmission lui tient à cœur.
À la Maison Zabaldu, où elle a installé son atelier pour retrouver un collectif d’artisans, elle poursuit son chemin. Et si elle se dit fière de l’évolution accomplie en huit ans, elle se montre surtout curieuse de découvrir où elle sera dans huit ans. Car la peinture sur soie lui a aussi appris quelque chose d’essentiel : « Ce métier m’a permis de m’accepter comme je suis et d’être pleinement moi-même. »

Pour info

Instagram @marion_vallerin
Stages de peinture sur soie

Maison Zabaldu
12 allée Mouesca Anglet

Site internet