Avant la surveillance des plages, les CRS dans le grand bain
Des CRS, sélectionnés pour surveiller les plages de l’ensemble du littoral français, suivent un stage pour passer le SSAL ((Surveillance et Sauvetage Aquatique sur le Littoral). Leur premier jour de test se déroulait sur la plage de la Petite Chambre d’Amour.
L’océan était particulièrement agité ce lundi après-midi à Anglet. Des conditions musclées, mais idéales pour la formation SSAL (Surveillance et Sauvetage Aquatique sur le Littoral). Sous l’œil attentif d’une vingtaine d’instructeurs chevronnés (dont certains affichent plus de 20 ans d’expérience à Biarritz, Capbreton ou encore Saint-Julien-en-Born), 22 jeunes CRS s’exercent rigoureusement. À l’issue de cette semaine de stage, les candidats reçus seront affectés pour deux mois sur les plages du littoral.
Une immersion en conditions réelles
C’est sur le sable de la Petite Chambre d’Amour que les futurs sauveteurs ont pris leurs quartiers. Munis de palmes, de bouées tubes et de filins, ces jeunes policiers découvrent pour beaucoup un matériel et des techniques de sauvetage encore inconnus.
Au coup de sifflet, les groupes s’élancent dans les rouleaux pour simuler des sauvetages complexes. Sébastien Colonval, référent national en secourisme et sauvetage aquatique pour la Direction centrale des CRS, supervise l’exercice avec bienveillance : « C’est une semaine de découverte très riche. On leur enseigne le B-A BA de la mission. Ici à Anglet, l’accent est mis sur les interventions avec matériel. Tour à tour, ils occupent les rôles de victime, de nageur de pointe ou de sauveteur au filin. L’objectif est qu’ils soient parfaitement opérationnels avant la saison estivale. »
Une sélection drastique
La concurrence est rude : plus d’une centaine de CRS ont postulé cette année. Mais ne devient pas sauveteur qui veut. « Avant d’accéder à la formation SSAL, ces policiers ont déjà validé plusieurs semaines de préparation : BNSSA (Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique) , PSE1 (Premiers secours en équipe), PSE2 et permis plaisance côtier », précise le commandant divisionnaire fonctionnel et chef de la délégation des Pyrénées-Atlantiques Eric Laplaud. Sur la centaine de candidats, 44 agents ont été retenus répartis sur trois sessions de formation. Au total, 264 CRS seront déployés cet été sur les plages françaises.
De Mulhouse à la Chambre d’Amour
Les stagiaires viennent de toute la France : Mulhouse, Tarbes, Toulouse ou encore Périgueux. Parmi eux, deux visages deviendront familiers aux habitués d’Anglet cet été, puisqu’ils rejoindront le poste de La Barre : Olivier, policier expérimenté avec 25 ans de surveillance au compteur (notamment à Capbreton), officiera comme chef de poste pour la deuxième année consécutive. Néo, 22 ans, originaire de Saint-Étienne est basé à Mulhouse. Pour lui, ce détachement est de l’ordre du cœur : « C’était une évidence. J’ai passé mes vacances à Anglet pendant 15 ans. Passer de l’autre côté de la barrière pour protéger les baigneurs me semblait tout naturel », confie-t-il entre deux exercices avec la bouée tube.
Une double compétence
Si le milieu naturel reste l’élément le plus difficile à apprivoiser selon les anciens, la force de ce dispositif réside dans la collaboration avec les sauveteurs civils. La spécificité des CRS reste toutefois leur double compétence : au-delà du sauvetage, leur statut de policier leur permet d’intervenir sur des questions de sécurité et d’ordre public sur le sable, une mission qui n’incombe pas aux civils.
Cet été, ils seront six policiers aux côtés de près de 90 sauveteurs à veiller sur la sécurité et la sérénité des huit plages surveillées d’Anglet.
(📸Karine Delage)