« Plus on parle d’intime, plus les gens se confient »

Ici ça bouge Insolite Lecture

8 avril 2026 4 min

Après avoir écrit un recueil de textes érotiques, Pas sage sous tes reins, Dominique et Jean-Marc, amis et complices depuis trente ans, s’invitent chez l’habitant et proposent une lecture théâtralisée. Une ode à la vie, à l’humour et à l’intime.

Vous avez écrit avec Jean-Marc, Pas sage sous tes reins, un recueil de textes érotiques, préfacé par Olivier Daguerre. Comment est né ce projet ?

Dominique : Jean-Marc et moi nous connaissons depuis une trentaine d’années. Nous avons fait beaucoup de théâtre clown ensemble, avec le plus petit masque du monde. Il y a un peu plus d’un an, je lui ai proposé de faire un atelier d’écriture, comme ça, sans objectif précis. On a travaillé sérieusement, fait les exercices, bien bossé. Et puis, à l’heure du bilan, Jean-Marc m’avoue qu’il avait écrit, chez lui, quelques textes érotiques. Je lui retourne que moi aussi ! On décide alors de se retrouver avec nos textes respectifs, et là, on réalise qu’il y a vraiment beaucoup de matière. Les textes sont poétiques, humoristiques, enfantins, déclaratifs, parfois plus chauds… On décide d’en faire un livre. Nous avons associé Armelle Lagadec pour la mise en page et Myriam Blom pour les illustrations. Pas sage sous tes reins est né.

Comment est née l’idée des lectures ?

D. : De par nos expériences d’ateliers clown, nous avons une vraie appétence pour aller vers le public. Nous souhaitions aller à sa rencontre pour lui faire découvrir notre livre. Pour la Saint-Valentin, nous avons ainsi proposé une lecture théâtralisée à la bibliothèque de Bidart.

Qu’appréciez-vous dans ce type de format ?

D. : J’adore casser les codes de la représentation théâtrale. Chaque lieu impose de s’adapter, et c’est précisément ce que j’aime : moduler en fonction de l’espace et du public. Il existe une certaine promiscuité, une proximité qui change tout.

Est-ce que le lieu et le public influencent votre manière de lire ?

D. : Absolument. Cette proximité transforme le public. On joue avec l’espace, on se déplace, on slalome parmi les gens. On peut parler de tout, n’importe où. Aller jouer chez l’habitant, c’est aussi permettre à des personnes qui ne pousseraient pas forcément les portes d’un théâtre de découvrir cet art.
On adapte notre voix, nos déplacements, notre rythme en fonction du lieu. On jauge le public : est-il joueur ou non ? Nous avons un fil conducteur, mais nous pouvons faire évoluer l’interprétation des textes selon l’interactivité du moment.
Finalement, les invités deviennent acteurs à leur tour. Les spectateurs créent une ambiance sur laquelle on peut surfer. Ce qu’on aime profondément, Jean-Marc et moi, c’est que chaque soirée est unique.

Quelles sont les réactions du public quand vous leur parlez de ces lectures chez l’habitant ?

D. : C’est assez drôle, quand on leur en parle, les gens s’emballent tout seuls ! Je remarque une petite étincelle dans leurs yeux. Ils s’émoustillent rien qu’à l’idée.

Et leur réaction durant la représentation ?

D. : Le public est en général très joueur, pas timide, pas guindé et très respectueux. Nos lectures sont certes érotiques, mais elles sont avant tout une ode à la vie, à la sève vivante. Dans la salle, ça rit beaucoup, et lors des dédicaces, ça se confie pas mal. Les gens sont poètes. Une énorme complicité s’installe, portée par beaucoup d’humour. À chaque fois, nous recevons vraiment un très bel accueil.

Comment se déroule concrètement une soirée chez l’habitant ?

D. : C’est la personne qui reçoit qui est cheffe d’orchestre. Elle peut proposer une auberge espagnole à l’issue des lectures, ou accueillir les invités avec un verre de vin. En général, elle demande au public d’arriver un quart d’heure avant. Puis, une fois que tout le monde est installé (entre 15 et 30 personnes en général), nous faisons notre entrée en chantonnant.

Qu’est-ce qui vous a le plus marquée lors de vos premières représentations ?

D. : Plus on parle d’intime, plus les gens se confient. C’est un sujet universel.

Pour info

Lectures publiques (public adulte) chez l’habitant

  • Samedi 18 avril à 18 heures et Dimanche 19 avril à 11 heures
    Lotissement Pardailhan, 6 allée des capucins à Anglet
    Réservation : 06 61 50 81 67
  • Dimanche 19 avril à 18 heures
    14 avenue de l’Ursuya C1 à Bayonne
    Réservation : 06 62 37 55 36

Si vous désirez vous procurer Pas sage sous tes reins, vous pouvez contacter le 0 677 815 969

par Alexandra Partager