Dans « L’Appart te ment » de Baroja, on parle prévention

Ici ça bouge Jeunesse

27 mars 2026 5 min

Durant une semaine, « L’Appart te ment » de Baroja a accueilli plus de 800 élèves de troisième et de seconde pour discuter malbouffe, tabac, drogue, sexualité, alcool et estime de soi. Les adolescents ont joué le jeu et se sont exprimés sur tous les sujets.

Au dernier étage du Château de Baroja, un appartement singulier a ouvert ses portes cette semaine à plus de 800 élèves. Entre le salon, la cuisine et la chambre, ce ne sont pas des meubles qu’n installe mais plutôt un climat de confiance avec les intervenants pour échanger de sujets qui les touchent ou les toucheront. Le concept, porté par le service Jeunesse de la ville, repose sur un jeu de mots évocateur : « L’Appart te ment ». L’objectif ? Déconstruire l’illusion de sécurité que peut offrir l’intimité du foyer face aux addictions et aux comportements à risque.

Un parcours immersif

Tous les troisièmes et secondes des établissements angloys (Endarra, Stella Maris, Cantau) ont passé une matinée dans L’Appart te ment.
Loin des conférences formelles, le dispositif mise sur le participatif. Chaque pièce de cet appartement fictif devient le théâtre d’une thématique précise : la malbouffe dans la cuisine, L’alcool dans le salon, le tabac et le cannabis au jardin, la sexualité dans la chambre et l’estime de soi dans la salle de bain.

L’estime de soi : le miroir de la salle de bain

Mirentxu, qui anime l’atelier dédié à l’image de soi, propose un exercice délicat : écrire un compliment non-physique à son voisin sur un post-it. Derrière la simplicité de l’acte se cache une réalité plus complexe pour ces jeunes de troisième et seconde.
« Accepter un compliment est un exercice périlleux pour eux. On sent un véritable malaise, une gêne presque physique à l’idée de recevoir du positif de la part d’un pair », explique Mirentxu. « C’est révélateur de la difficulté qu’ils ont, à cet âge, à construire une image d’eux-mêmes sereine. »

Dans l’intimité de la chambre : parlons sexualité

Dans la chambre, l’ambiance est au débat mouvant. Marina, thérapeute de couple et sexologue, reçoit un groupe de lycéens de Cantau autour d’un axe « Oui/Non ». Face aux questions sur la pornographie, le consentement ou la masturbation, les corps se déplacent, les positions s’affirment.
« Parler de sexualité ce n’est pas simple en groupe », confie Marina. « Mon rôle est de leur rappeler que le consentement commence par soi-même. Apprendre à dire non aux autres, c’est d’abord apprendre à se respecter soi-même. »
Dans certains groupes, les filles se montrent souvent plus loquaces, dans d’autres c’est l’inverse. Mais une chose est certaine, l’ensemble des élèves fait preuve d’une certaine maturité. La gêne, s’il en existe une, se dissipe rapidement et les élèves parlent avec simplicité des différents sujets abordés.

Le salon et le jardin : face aux substances

Le policier Stephane Clere investit le jardin pour évoquer le tabac et le cannabis. Très pédagogue, il tente de briser la glace, même si l’uniforme impose parfois une distance initiale.
« Le dialogue n’est pas toujours immédiat », reconnaît-il. « Il y a parfois une barrière liée à ma fonction, mais dès que le contact est noué, notamment avec ceux que j’ai déjà croisés sur le terrain, l’échange devient sincère et constructif. »
Même chose du côté du salon, où les membres de l’association Addictions France se relaient face aux élèves. Ici aussi, ils se déplacent selon la réponse qu’ils veulent apporter aux questions posées : est-ce que l’alcool est une drogue, à partir de quel âge peut-on boire de l’alcool…
Les jeunes écoutent, s’intéressent et s’investissent.
La chanson de Bad Bunny retentit dans le couloir, il est temps de changer de salle…

La malbouffe en cuisine

Face au quiz de la diététicienne, Filles et garçons répondent du tac au tac. Même si l’heure de midi approche et que les ventres gargouillent, les jeunes restent attentifs et concentrés. La malbouffe, ils connaissent aussi bien que les méfaits pour la santé. Le dialogue s’installe avec l’intervenante. Le temps file… Il est temps de passer dans l’autre pièce.

Tous s’accordent à dire que c’est une réussite

L’objectif de cette immersion dépasse le simple transfert d’informations. Il s’agit de renforcer les compétences psychosociales des adolescents pour les armer face aux comportements à risque.
Collégiens et lycéens repartent satisfaits, même si beaucoup pointent du doigt un seul regret : la frustration de devoir quitter l’atelier après seulement trente minutes.
Tous en sortant des ateliers disent qu’ils ont appris des choses qu’ils ne connaissaient pas et certains confient « qu’ils garderont un bon souvenir de cet Appart te ment ».
Un signe encourageant qui prouve que, loin d’être un sujet tabou, leur propre bien-être est une discussion qu’ils sont plus que prêts à mener.

Pour info

 Estime de soi

Mirentxu Arribillaga – Kamana : conseillère certifiée d’état en estime de soi et communication non verbale : kamana.larencontreavecsoi@gmail.com  ou 07 69 90 83 46

Sexualité 

Marina Moroni, sexothérapeute : contact@marinamoroni.com ou  07 56 94 69 90

Docteur Caroline Peyraud, spécialisée en gynécologie et santé sexuelle à « La Générale » :    docteurcarolinepeyraud@gmail.com 

Prévention alcool / tabac / drogues / santé bien-être

Association Addictions France : na64pb@addictions-france.org ou  05 59 63 63 63

Ccomportements alimentaires / Malbouffe 

Myrtille Jonville, diététicienne, nutritionniste : myrtille.dieteticienne@outlook.fr  ou 07 49 95 45 89 

Marlène Mimiague, diététicienne, nutritionniste : diet.marlenemimiague@gmail.com ou 06 83 64 96 93

par Alexandra Partager