Festival des Chineurs : pour Bernard Papaïx, chaque objet raconte une histoire
Du 4 au 5 août, le Festival des Chineurs revient à Anglet, place du Quintaou. Fidèle exposant depuis quinze ans, Bernard Papaïx partage sa passion pour les objets anciens, qu’il aime détourner, restaurer et faire revivre.
Rien ne prédestinait Bernard Papaïx à devenir brocanteur. Dans les années 1970, alors qu’il travaille dans le secteur social près d’Avignon, il commence simplement à revendre quelques objets personnels sur les marchés. Très vite, les professionnels s’intéressent à ses trouvailles. « Je me suis aperçu que les marchands m’achetaient de plus en plus d’objets. C’est comme ça que tout a commencé. » Les rencontres s’enchaînent, les ventes aussi. À cette époque, les amateurs étrangers, notamment américains, recherchent les objets anciens français. Un déballage particulièrement réussi finit de le convaincre : il abandonne progressivement son premier métier pour se consacrer entièrement à la brocante.
Faire dialoguer les époques

Pour Bernard Papaïx, la brocante a beaucoup évolué. « Aujourd’hui, il n’y a plus d’interdit. Toutes les époques peuvent se mélanger. » Exit les intérieurs entièrement Louis XV ou Art déco. Désormais, les styles se croisent et se répondent. Sa signature ? Associer un meuble ancien à un objet industriel, détourner des roues de charrette en miroirs ou transformer d’anciens châssis métalliques rouillés en éléments décoratifs contemporains. Son objet préféré résume parfaitement sa démarche : un ancien creuset de fonderie utilisé pour fondre le métal. Destiné à la benne, il lui offre une seconde vie. « Le feu l’a transformé. Les couleurs s’irisent, la matière se glace… Il devient presque une œuvre d’art. » Vase, cache-pot ou simple objet décoratif, chacun est libre de se l’approprier.
Sauver les objets… et leur mémoire
Installé aujourd’hui dans le Tarn, Bernard Papaïx sillonne fermes, villages et hameaux à la recherche d’objets promis à l’oubli. Il les nettoie, les restaure et leur redonne une place dans nos intérieurs. Mais ce qu’il aime par-dessus tout, ce sont les rencontres. « La brocante, c’est le contact humain du début à la fin : avec les personnes qui me vendent les objets comme avec celles qui les achètent. » Certains objets le suivent pourtant pendant des années. Comme cette table de ferme du XVIIIᵉ siècle achetée adolescent chez une voisine. Une fois nettoyée, il découvre gravées sur un tiroir… ses propres initiales. « Je me souviens encore du visage de cette grand-mère. Certains objets ne vous quittent jamais vraiment. »
Anglet, une référence pour les chineurs
Présent au Festival des Chineurs depuis une quinzaine d’années, Bernard Papaïx ne tarit pas d’éloges sur le rendez-vous angloy. « Ce n’est pas un vide-grenier. C’est une vraie brocante professionnelle, avec une sélection de marchands de grande qualité. Il n’y en a pas cinquante comme celle-ci en France. » Cette exigence attire des visiteurs venus de loin, notamment des collectionneurs, des décorateurs espagnols ou encore des amateurs éclairés. « Les clients d’Anglet ont la culture des beaux objets. » Pour son stand, le brocanteur prépare avant tout une ambiance. Le contenu, lui, se décide souvent au dernier moment. Une certitude toutefois : son célèbre creuset industriel fera probablement le voyage.
Au Festival des Chineurs d’Anglet, les 4 et 5 août, les visiteurs ne repartiront peut-être pas seulement avec un objet, mais aussi avec un morceau d’histoire à transmettre à leur tour.