En route pour la Cavalcade avec Angeluarrak !
Depuis septembre dernier, près de 200 danseurs angloys se réunissent chaque semaine pour préparer la Cavalcade qui investira les rues et la place de la ville les 20 et 26 septembre. Immersion au cœur des répétitions avec le groupe des néophytes : transmission et bonne humeur rythment les pas.
Ce samedi matin, malgré une température digne d’une journée d’été, une quarantaine d’Angloys s’activent dans la salle de l’association Angeluarrak. Il s’agit de l’un des trois cours dédiés aux débutants ou à ceux qui, après une longue pause, ont décidé de ressortir leurs chaussons de danse du placard.
En cercle, les danseurs exécutent ensemble les pas demandés. Pour les guider, Martin, Elena et Oihana font partie des cinq professeurs bénévoles qui encadrent cette séance intensive d’une heure.
« Nous avons lancé un appel aux habitants pour participer à la Cavalcade et les retours ont été immenses», explique Martin en préambule. « Ici, c’est le groupe des Kaskarots. Ils apprennent les bases des mutxikos et des jauzis (danses sautées). »
Jakes, l’un des vétérans de l’aventure, ne rate pas un cours
Parmi les danseurs, Jakes, l’un des vétérans de l’aventure : « Quand j’ai appris qu’il y allait avoir une Cavalcade, je me suis inscrit tout de suite », confie-t-il entre deux mutxikos. « Avec mon épouse, aujourd’hui disparue, nous allions de temps en temps danser le dimanche aux Cinq Cantons. C’était elle la danseuse, moi je me contentais de la suivre. »
Aujourd’hui, Jakes ne raterait ce rendez-vous hebdomadaire pour rien au monde. C’est pour lui une occasion de sortir et de créer du lien : « Nous avons un objectif commun et c’est très motivant. Cela crée une dynamique extraordinaire et intergénérationnelle. Mais c’est vrai qu’apprendre tous ces pas, c’est compliqué ! »
Une assiduité saluée par son professeur, Martin : « Il revient de loin ! Malgré les difficultés du départ, il n’a jamais abandonné et s’est accroché. C’est très courageux de sa part. Désormais, Jakes a le rythme ! »
« Bat, bi, hiru, lau ! »
Place à la pratique. Martin, danseur devenu professeur le temps des répétitions, propose au groupe de s’entraîner sur un jauzi. Elena lance la musique et Martin donne la cadence en basque : « Bat, bi, hiru, lau ». Inlassablement, dans une ambiance chaleureuse et complice, les Kaskarots répètent les enchaînements.
« Il y a beaucoup de progrès, vous avancez bien ! On continue la semaine prochaine », conclut Martin avec un sourire, avant d’enchaîner immédiatement avec le groupe suivant.
Zoom : Qu'est ce qu'une cavalcade ?
La Cavalcade (Kabalkada) est une représentation populaire de grande envergure qui rassemble tout un village ou une ville autour de la danse, du théâtre et de la musique. Très codifié, cet événement singulier demande au moins un an de préparation, d’écriture et de répétitions rigoureuses.
Portée par l’association « Angeluko Kabalkada », l’édition 2026 est un projet associatif exceptionnel. Elle rassemble déjà plus de 300 personnes ( danseurs, musiciens, couturiers, acteurs) qui travaillent main dans la main pour donner vie à ce grand spectacle.
La Cavalcade, c’est un moteur pour la vie locale : Elle mobilise les habitants, les associations, les écoles et les acteurs économiques autour d’un projet commun. C’est aussi un vecteur de transmission : Elle rassemble toutes les générations, qu’elles soient bascophones ou non, autour de la culture basque.