Le sauvetage en mer entre dans une nouvelle ère

Association Équipement

29 juillet 2026 3 min

Sylvain est inspecteur pour la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) de la zone Atlantique Sud (de Noirmoutier à Hendaye), où il chapeaute 21 stations. Il est également patron de la station de La Rochelle. Il était récemment à Anglet pour accompagner les bénévoles de la SNSM lors de la prise en main du Ma e pignada, le tout nouveau canot de sauvetage de la station. Rencontre.

Que représente l’arrivée de ce nouveau type de bateau pour la flotte de la zone Atlantique ?

Sylvain : Le canot précédent avait 30 ans. Il était temps de renouveler notre flotte. Ce navire incarne un tout nouveau concept : plus moderne, plus silencieux et beaucoup plus stable. Cela fait plus d’un an et demi que je participe à son élaboration avec le chantier naval Guy Couach à Gujan-Mestras. J’ai d’ailleurs pris part aux essais du prototype, qui a été livré à Noirmoutier. À terme, une vingtaine de navires seront livrés sur ce même modèle, une évolution majeure pour la SNSM qui possède plus de 800 embarcations de 3 à 18 mètres.

Quelles sont les grandes nouveautés de ce navire ?

Sylvain : Le confort et la sécurité ont été totalement repensés. Le bateau est plus large, moins bruyant, et la cabine est désormais climatisée. Surtout, nous pouvons la diviser en plusieurs zones afin d’isoler un coin médical pour les victimes. L’espace intérieur est mieux agencé, ce qui offre plus de sécurité pour les sauveteurs qui peuvent circuler tout autour du bateau sans danger.

Et sur le plan technologique ?

Sylvain : C’est aussi un concentré d’électronique : que ce soit en navigation ou en communication, tout est doublé, deux écrans, deux radios, pour que le second système prenne le relais si l’un d’eux venait à tomber en panne. Sur le plan technique, la rupture avec l’ancien modèle est flagrante. Le nouveau navire, qui mesure 17 mètres de long pour 5,40 mètres de large, double presque sa capacité de propulsion grâce à deux moteurs de 700 chevaux chacun. Il affiche ainsi une vitesse de pointe de 26 nœuds, soit environ 45 km/h, contre seulement 400 chevaux pour son prédécesseur.

Sur le plan opérationnel, comment ce bateau modifie-t-il les interventions ?

Sylvain : L’une des plus grandes innovations est l’installation d’une écope à l’arrière en remplacement de l’ancienne potence mécanique. C’est une sorte de plateforme qui s’abaisse au niveau de l’eau. Lors d’une intervention, les plongeurs peuvent y faire glisser et remonter facilement la barquette sur laquelle ils ont installé la victime. En conditions clémentes, ce nouveau navire est ainsi capable d’embarquer jusqu’à 60 personnes secourues.

Comment concilier la technologie de pointe avec le bénévolat de la SNSM ?

Sylvain : C’est tout l’enjeu. Nos bénévoles doivent rester ultra-opérationnels et connaître le navire sur le bout des doigts. C’est pourquoi ils suivent des formations et des entraînements intensifs pour avoir une prise en main impeccable du bateau.

par Alexandra Partager