À bord du Ma e Pignada : les sauveteurs de la SNSM domptent leur nouveau fleuron

Association Plages

26 août 2026 3 min

Après trente ans de bons et loyaux services, le navire Le Jorlis de la Société nationale de sauvetage en mer s’apprête à passer le relais au Ma e Pignada. Nous avons embarqué avec l’équipage pour une après-midi d’entraînement au large de l’Adour.

Secourir, surveiller, former et prévenir : ces quatre piliers indissociables guident l’action de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) partout en France. Reconnue d’utilité publique, l’association veille sur les plages et sécurise les sorties en mer grâce au dévouement de ses bénévoles.
Construit par le prestigieux chantier naval Guy Couach à Gujan-Mestras, sur le Bassin d’Arcachon, le Ma e Pignada marque une rupture flagrante avec son prédécesseur.

Incidents fictifs

Ce vendredi après-midi, l’ambiance est sérieuse et concentrée. Ils sont 14 à bord pour cette session de prise en main : Sylvain un inspecteur qi a suivi de près l’élaboration du prototype, deux formateurs Eve et Nicolas, Pierre (le patron du bateau) et onze équipiers bénévoles. L’objectif ? Multiplier les incidents fictifs pour tester les limites de l’équipage et de la machine.
Le premier exercice est un mouillage de routine à 26 mètres de profondeur. Le navire est équipé de 80 mètres de chaîne qu’il faut dérouler à l’aide d’une télécommande. Depuis la cabine, Pierre manœuvre. Sur le pont, les voix s’élèvent pour caler les communications : « Est-ce qu’il nous entend ? » Chaque automatisme doit être réinventé.
Deuxième étape : le déploiement de la barquette de sauvetage, un équipement vital pour sécuriser une victime et évaluer ses blessures. Les équipiers inspectent les moindres détails, s’approprient les fixations : « Il n’y a pas de sangle sur la barquette ? » Le métier rentre, geste après geste.

L’écope arrière : la révolution opérationnelle

Le point d’orgue de l’après-midi reste l’exercice d’« homme à la mer ». C’est ici que le Ma e Pignada dévoile son innovation majeure : une écope de récupération située à l’arrière, qui remplace l’ancienne potence mécanique. Il s’agit d’une plateforme mobile qui s’abaisse au niveau de l’eau pour permettre de remonter facilement les naufragés. En conditions clémentes, le navire peut ainsi embarquer jusqu’à 60 personnes secourues.
Grégoire, bénévole à la SNSM depuis 2005 et photographe, se jette à l’eau pour jouer le cobaye. Ce passionné a le sauvetage dans le sang : à l’âge de 9 ans seulement, à Belle-Île en Bretagne, il avait réussi à secourir son oncle tombé d’une falaise. Aujourd’hui, il confie sa vie à ses camarades. Patrick et un autre plongeur sautent à sa suite pour simuler l’extraction.
Pour Pierre, le patron de la station, cette écope change absolument tout :
« Ce sera beaucoup plus simple pour nous, plus sécuritaire pour l’équipage au niveau de la manutention du matériel et de la récupération des naufragés. Avant, selon l’état de la mer, c’était un peu plus physique et dangereux. »
François, nageur-sauveteur sur le pont, confirme ce soulagement : « On aura moins de manœuvres à coordonner en même temps, donc on pourra plus se concentrer sur la victime, sa sortie et les premiers secours. »

Une transition en douceur pour l’été

Pannes de moteur simulées, hommes à la mer, maniement de l’ancre… Nicolas, Patrick, Matthieu, François, Xavier et tout le reste de l’équipe ont enchaîné les avaries provoquées pour parer à toute éventualité. Bien que le patron concède qu’il s’agit d’un « nouvel apprentissage » après 26 ans passés sur l’ancien canot, l’enthousiasme est unanime à bord.
L’équipage d’Anglet va poursuivre sa formation tout au long des prochaines semaines. La bascule officielle entre Le Jorlis et le Ma e Pignada se fera au cours de l’été. L’ancien serviteur de la côte basque, quant à lui, ne part pas à la retraite : il s’apprête à commencer une seconde vie en Gironde, laissant la côte basque sous la protection ultra-moderne de son successeur.

par Alexandra Partager