Camille Piaton, sculpter l’âme des lieux
À Anglet, l’ébéniste, Camille Piaton, façonne des meubles sensibles, entre mémoire, matière et émotion.
Tout commence dans les allées de brocantes, le dimanche, aux côtés de son père. « J’ai découvert très tôt l’amour des meubles anciens », confie Camille Piaton. Pourtant, sa première vie s’écrit ailleurs, dans la communication, tandis que ses soirées se peuplent de peinture, de textes et de chansons. Jusqu’au jour où le rythme ne tient plus. À 32 ans, elle choisit de bifurquer et intègre l’exigeante École Boulle. « On n’a qu’une vie, qu’est-ce qu’on fait de ce ticket ? » Une question simple, qui l’ancre définitivement dans le bois.
À la frontière de l’art et de l’usage
Camille Piaton revendique une position singulière : « à la frontière entre l’artiste et l’artisan ». Ses meubles ne sont jamais de simples objets. Ils répondent à un usage précis, tout en racontant une histoire. « On mêle l’utile à l’art », résume-t-elle. À partir d’échanges, d’esquisses et de modélisations 3D, elle imagine des pièces sur-mesure, pensées pour s’adapter aux lieux et à ceux qui les habitent. Chaque projet devient une rencontre, une interprétation sensible du besoin de ses clients.
Le bois, matière vivante
Dans son atelier, le bois s’écoute, se respire, se caresse. « Les cinq sens sont à leur paroxysme », explique-t-elle. Il y a le son d’une fibre qui craque, l’odeur chaude des essences, la douceur patiemment travaillée sous les doigts. Son essence de prédilection, le noyer, déploie des veinages profonds qui captent la lumière et fascine Camille. Mais elle aime aussi confronter les matières : le cuir, qu’elle tisse, le métal, plus rigide. Des dialogues subtils, où les textures se répondent.
Réveiller les mémoires
Restaurer, c’est redonner vie. « Les meubles sont chargés d’histoire », rappelle-t-elle. Ils traversent les générations, portent des traces, parfois des secrets. Comme ce jour où, en rénovant une chambre Art déco, elle découvre un très ancien relevé bancaire dissimulé dans un chevet que deux générations avaient vainement cherché. Une mémoire enfouie, soudain révélée. « Raviver les souvenirs, c’est aussi ça, notre métier. »
Le geste, jusqu’au détail
Exigeante et perfectionniste, Camille Piaton mène chaque projet de bout en bout, du dessin à la pose. Un travail minutieux, où la main reste irremplaçable. « Le bois n’est pas une matière parfaite. Il faut savoir s’adapter, contourner un nœud, comprendre ses défauts. » Là où la machine standardise, ses mains ajustent, corrigent, subliment. Un dialogue constant entre technique et intuition.
Créer des âmes dans les lieux
Installée depuis douze ans à Anglet prsè de la forêt du Lazaret, elle puise son inspiration dans la nature environnante, notamment dans les forêts. Attachée au territoire, elle privilégie les circuits courts et transmet son savoir-faire à de jeunes stagiaires. Ébéniste, restauratrice, tisseuse, agenceuse… elle se définit comme un « couteau suisse ». Mais ce qui la guide avant tout, c’est la liberté de créer. « Personne ne me dicte rien. » Aujourd’hui, elle aimerait explorer davantage les possibilités offertes par les machines de découpe, développer des lignes de mobilier intégrant le tissage. Toujours avec la même ambition : « créer des âmes dans des lieux ».
A découvrir
Son site internet Créatrice d’intérieur, ébéniste d’art et tissage à Anglet – Camille Piaton Biarritz
Instagram @camille_piaton.officiel
Facebook Camille Piaton Biarritz
13 Promenade du Prince Imperial ZA du Prince Imperial Atelier 17/2 64600 Anglet
Contact 06 64 39 57 95 – camille.piaton1@orange.fr