Les salines oubliées d’Anglet refont surface

Ça se passe en ville Psst ! Histoire Notre Patrimoine

20 avril 2026 3 min

Au sud d’Anglet, une mine de sel et des salines ont été exploitées jusqu’en 1938. Une épopée méconnue de l’histoire locale que l’association Anglet Patrimoines s’attache aujourd’hui à faire revivre.

Difficile de l’imaginer aujourd’hui, et pourtant. Au sud du quartier de Sutar, à la frontière de Bassussarry, une activité industrielle bien particulière a marqué le paysage angloy pendant près d’un demi-siècle. Entre 1890 et 1938, une mine de sel et des salines y ont été exploitées. « C’est une page totalement oubliée de l’histoire d’Anglet », souligne Michel Rapin, président de l’association et conférencier. Aujourd’hui, le site a complètement disparu, recouvert par des terres agricoles, des bois et traversé par la rivière des Salines — l’un des rares indices encore visibles de ce passé.

Une aventure humaine

À l’époque, la mine exploitait une veine souterraine de sel gemme, la dernière à avoir été mise en activité en Aquitaine. Jusqu’à 18 mineurs de fond, tous angloys, y travaillaient. Le sel extrait, sous forme de blocs, était principalement destiné à l’alimentation animale. En parallèle, une activité de saline existait également : de l’eau était injectée dans les veines pour dissoudre le sel, qui était ensuite récupéré puis évaporé. « C’était un gisement modeste, et l’extraction coûtait cher », précise Michel Rapin, « mais son sel a été commercialisé dans toute la région et même jusqu’en Loire inférieure ». L’arrêt définitif est prononcé en 1938.

Des traces effacées

Avec le temps, les installations disparaissent. Mais ce sont surtout des éboulements, survenus en 1977 puis en 1982, qui marquent les esprits. Sept villas se retrouvent menacées, dont deux situées directement sur l’ancienne zone minière. Le site est alors entièrement sécurisé, clôturé et interdit d’accès en 1982. Les maisons concernées sont évacuées et placées sous surveillance. Aujourd’hui, tout a été comblé : il ne subsiste plus aucune trace visible de cette activité, ni aucun risque.

Une enquête patiente

Retracer cette histoire n’a pas été simple pour l’association Anglet Patrimoine. « Il n’existe quasiment aucune archive directe », explique son président. Seuls un tableau et une lettre, conservés par le groupe Salins, ont été retrouvés. Le point de départ des recherches ? La toponymie. Noms de rues, de ruisseaux… autant d’indices évoquant le sel, qui ont mis les chercheurs sur la piste. Des documents ont ensuite été retrouvés auprès du service des mines et du BRGM. Une photo aérienne datée de 1938 a également permis de localiser précisément les anciens bâtiments.

Préserver une mémoire industrielle

Au-delà des faits, c’est toute une mémoire humaine que l’association souhaite transmettre. « Des hommes y ont travaillé toute leur vie. C’est important de ne pas oublier cette histoire », insiste Michel Rapin. Dans une région où les salines étaient présentes, notamment à Briscous ou Urcuit, celle d’Anglet constitue un témoignage rare, aujourd’hui disparu. Pour partager ces découvertes avec le public, une conférence sera proposée le 24 avril à 18h à la Maison pour tous d’Anglet. Une invitation à redécouvrir un pan méconnu du patrimoine angloy.

En bref

Conférence « La mine de sel et la saline d’Anglet » par Michel Rapin
24 avril à 18h à la Maison pour tous d’Anglet, salle Ansbach
6 Rue Albert le Barrillier
Site d’Anglet Patrimoines

par Florence Partager