Cédric Cugny, le gardien du poumon vert d’Anglet

Environnement Notre Patrimoine Dossier Le Pignada

24 juillet 2026 3 min

Prévenir plutôt que sanctionner : c’est le credo de Cédric Cugny, garde champêtre de la Ville d’Anglet. Entre patrouilles en forêt et sensibilisation du public, il veille chaque jour sur un patrimoine naturel aussi précieux que fragile.

« Protéger la nature a toujours été mon moteur », annonce d’emblée Cédric Cugny. À pied ou à vélo, il sillonne chaque jour les forêts de la Pignada et du Lazaret, le littoral, le parc Izadia ou encore les espaces naturels du Maharin et de Girouette. Seul garde champêtre de la Ville d’Anglet, il connaît ces lieux comme sa poche. Et pour cause : avant d’enfiler l’uniforme, il a consacré toute sa carrière à la protection de l’environnement.

Un métier singulier

Titulaire d’une licence en gestion et protection de la nature, il a travaillé quatorze ans à la Fédération des chasseurs, où il accompagnait notamment les chasseurs dans la gestion des espèces et les formait au respect des équilibres naturels. Après avoir réussi le concours de la police municipale, il rejoint la Ville d’Anglet avec une ambition intacte : « Ce qui m’anime, c’est avant tout la protection de notre patrimoine naturel. »

Son métier est singulier. Il cumule les compétences d’un policier municipal avec celles des polices rurales. Chasse, pêche, protection des espaces naturels, lutte contre les pollutions des sols ou des milieux aquatiques… son champ d’action est particulièrement vaste.

Des forêts uniques… et très vulnérables

Les forêts angloyes sont un véritable trésor. « Les forêts du Pignada et du Lazaret sont les deux poumons verts du BAB. C’est assez rare d’avoir un espace forestier aussi important au cœur d’une ville. Notre responsabilité, c’est de le préserver pour les générations futures », souligne Cédric Cugny.

Mais cette richesse est aussi une fragilité. Très fréquentées tout au long de l’année, ces pinèdes sont composées d’une essence particulièrement inflammable. Et le changement climatique accentue encore le risque. « Aujourd’hui, la période de danger s’étend de la mi-mai à la mi-septembre. Cette année, dès le 15 mai, la végétation était déjà aussi sèche qu’elle l’était autrefois en plein été. Même la nuit, les températures restent élevées et un départ de feu peut se produire très rapidement. »

Pour surveiller ce patrimoine, la Ville dispose notamment d’une caméra FireGuard installée au cœur de la forêt du Pignada, qui veille en permanence sur la cime des arbres afin de détecter le moindre départ de fumée.

Prévenir avant de sanctionner

Au quotidien, le garde champêtre privilégie toujours le dialogue. « Notre mission est d’abord de faire comprendre les risques. La très grande majorité des personnes est réceptive lorsqu’on leur explique pourquoi certaines règles existent. »

Les comportements les plus préoccupants restent les mégots jetés au sol, les déchets abandonnés — notamment les bouteilles en verre — ou encore le non-respect des arrêtés en vigueur lors des épisodes de fort risque.

Quelques gestes simples permettent pourtant de préserver ces espaces : ne pas fumer en forêt, ne laisser aucun détritus, tenir son chien en laisse sur les sentiers et circuler à vitesse modérée à vélo sur les voies vertes afin de respecter les autres usagers.

En cas de départ de feu, il faut immédiatement composer le 18 et prévenir également la police.

Un patrimoine vivant à préserver

Chevreuils, écureuils, lapins, palombes, sangliers, rapaces ou oiseaux migrateurs trouvent refuge dans ces espaces naturels qui offrent aussi, en plein été, un îlot de fraîcheur apprécié des habitants comme des visiteurs.

« Autrefois, ces forêts accueillaient peu de monde. Aujourd’hui, elles sont fréquentées par des milliers de personnes. Plus elles sont partagées, plus chacun doit en prendre soin. J’en appelle au civisme de tous : si chacun respecte les lieux, nous n’aurons pas besoin de tout interdire. »

Un message simple, mais essentiel, pour continuer à profiter longtemps de ce patrimoine naturel exceptionnel qui fait la richesse d’Anglet.

par Florence Partager