Michèle Solle, la vie de cinéma en cinéma
Installée à Anglet depuis plus de trente ans, Michèle Solle signe « Des nouvelles du cinéma », un recueil de voyages et de salles obscures où liberté, aventure et amour du septième art s’entrelacent.
« Je n’ai jamais vraiment choisi mes voyages, ce sont eux qui m’ont choisie », sourit Michèle Solle. Auteure, cinéphile et baroudeuse, elle a parcouru le monde, guidée par la curiosité et la passion. Son recueil « Des nouvelles du cinéma », paru aux éditions Encres, réunit quatorze récits inspirés de ses propres aventures, entre rencontres inattendues et salles de projection souvent bricolées mais toujours vivantes. L’idée du livre est née de l’envie de réunir ses trois amours : la culture, la liberté et les mots. « Le cinéma, c’est l’accès au monde. Quand la salle s’éteint, je sais que rien ne peut m’arriver », confie-t-elle.
Le cinéma comme passeport
Dans ses récits, Michèle Solle raconte des voyages inattendus : un périple au Kurdistan pour retrouver « la fiancée du PKK », une exploration de la Patagonie où le temps semble suspendu, ou un cinéma libanais en ruine dont le gérant changeait l’affiche régulièrement, en signe de résistance culturelle. « Ce simple geste disait tout : la foi dans la liberté que porte le cinéma. » De l’Afrique, où certaines populations n’ont plus accès aux salles faute de moyens, au Pays Basque où elle vit, l’auteure observe comment le cinéma relie les gens. « C’est un art du partage. »
De petits éclats de vie
Arrivée il y a trente-cinq ans à Anglet, Michèle Solle s’est rapidement engagée dans la vie culturelle locale. Ancienne présidente de l’association du cinéma L’Atalante à Bayonne, elle y a découvert des films « fabuleux, de sens et de contenu ». Elle préfère les petites salles, « celles où l’on écoute vraiment ce que les films ont à dire », et se méfie du cinéma-spectacle. Ses nouvelles sont « comme des fenêtres ouvertes » sur les pays qu’elle traverse, de petits éclats de vie pour donner envie de rencontrer.
Le goût de l’écriture et de l’imprévu
Éprise de liberté, Michèle Solle aime « sortir de son bocal » et partir à la rencontre de l’inattendu. Elle prépare un second ouvrage, cette fois consacré au cinéma africain, un univers qu’elle connaît bien pour y avoir longtemps travaillé comme critique. Et si elle devait recommander une salle ? « Le Neerwaia, à Ouagadougou ! » rit-elle. « Là-bas, on ne vidait pas les salles entre deux films, alors les gens restaient toute la journée, parfois jusqu’à la bagarre ! » Une anecdote à son image : imprévue, joyeuse et passionnée. « Le cinéma, c’est ma manière d’être libre et de rencontrer le monde. »
Le livre, à la couverture réalisée par Mathilde François, la petite-fille de Michèle Solle, est disponible sur commande en librairie.
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